mardi 20 mai 2014

Allumer le chat

Il se plante devant la porte ouverte, jambes écartées, poings sur les hanches. Il hume l'air. La nuit s'annonce douce et tranquille. Mais d'un coup, ses sourcils se froncent, une ombre passe, et sans se retourner... - Passe-moi le fusil, j'vais allumer le chat ! Il n'a pas bu pourtant, juste quelques verres de rouge au dîner, autant dire rien. - Et pourquoi tu veux l'allumer, dis ? - Quand il me regarde, j'ai l'impression qu'il se fout de ma gueule. Alors, là, j'en ai marre... je vais lui régler son compte à ce salopard ! 

Ce que j'en ai pensé :

Troisième essai avec Barbara Constantine et malheureusement, celui-ci n'est pas aussi transformé que les deux premiers que j'ai lu. J'avais eu deux coups de cœur avec mes deux premières lectures de l'auteure, je partais donc avec un bon sentiment pour celui-ci.

Attention, si je n'ai pas été complètement séduite par ce roman, je l'ai pour autant quand même relativement bien apprécié. Barbara Constantine a un véritable talent pour dépeindre des personnages amusants, complètement invraisemblables et pourtant si réalistes et attachants. Mais cette fois-ci, l'histoire n'a pas vraiment pris avec moi, j'ai trouvé le tout un peu trop convenu, un peu trop facile et en ce sens décevant. 

Et puis, Paulette et Tom, petit Tom, tout petit homme, Tom ont été deux vrais coups de cœur parce que les personnages avaient réussi à retenir toute mon attention, mais aussi parce que leurs aventures ont réussi à me faire passer du rire aux larmes et à me faire presque frissonner parfois, ce que je n'ai pas retrouvé dans celui-ci. 

Petite déception, mais agréable moment tout de même, je continuerai à découvrir la bibliographie de Barbara Constantine avec grand plaisir !
"Le petit salopard avait trouvé ses cigarettes dans la poche de sa veste et les avait toutes dépiautées pour se rouler dedans! l'odeur des brunes le rendait fou! Pas moyen de le détourner de son vice! En tout cas, c'est comme ça que pendant des années, Raymond s'était fait faire les poches par son chat..."

samedi 10 mai 2014

L'affaire Jennifer Jones

Alice Tully. 17 ans, jolie, cheveux coupés très court. Etudiante, serveuse dans un bistrot. Et Frankie, toujours là pour elle. Une vie sans histoire. Mais une vie trop lisse, sans passé, sans famille, sans ami. Comme si elle se cachait. Comme si un secret indicible la traquait...

Ce que j'en ai pensé :

Il y avait longtemps que j'avais envie de lire ce livre, tout le monde m'en disait du bien et j'ai même entendu que c'était un classique de la littérature de jeunesse. Je l'ai trouvé à la bibliothèque, emprunté et lu rapidement. Et malheureusement, je n'ai pas accroché autant que ce que je pensais... 

Je n'ai éprouvé aucune sympathie pour les personnages, moi qui suis pourtant en général assez facilement séduite par un livre, là j'avoue que je n'y ai pas trouvé mon compte. Bon, je ne dirais pas que j'ai détesté, mais comme j'en attendais beaucoup, j'ai été déçue. 
Le fait divers (inventé) sur lequel se base l'histoire ne m'a pas convaincue et je ne me suis pas sentie "happée" par le texte, c'est probablement ce qui m'a empêchée de m'attacher aux personnages. Sauf peut-être à Rosie, qui prend Alice sous son aile et que j'ai trouvé plutôt agréable.

Difficile pour moi d'en parler, je n'ai pas un grand souvenir de ce roman, j'ai quelques moments qui me restent, mais très peu. Ce qui montre bien finalement à quel point ça n'a pas été la lecture du siècle pour moi. Mais peut-être est-ce parce que je l'ai lu en sortant de "Max" et que ça n'était pas le bon moment ? En tous cas, je ne le déconseillerai pas, car c'est un roman qui reste agréable à lire malgré tout, Anne Cassidy a une écriture agréable et fluide, simplement, je n'ai pas trouvé l'histoire et les personnages à mon goût... 
"Oublier. C'était un mot magique, qui pouvait faire croire qu'une partie du cerveau était capable de faire le vide elle-même, d'effacer une information à tout jamais."

dimanche 4 mai 2014

Max

Max naît le 20 avril 1936, dans le premier foyer de naissance du programme Lebensborn initié par Himmler, où des femmes sélectionnées par les nazis mettent au monde de purs représentants de la race aryenne, jeunesse idéale destinée à régénérer l'Allemagne puis le monde. Prototype aryen parfait, Max est éduqué dans la froideur de l'idéologie et grandit en suivant les différentes étapes su programme Lebensborn.

Ce que j'en ai pensé : 

J'ai mis quelques semaines à me remettre de cette lecture, et aujourd'hui, avec le recul, je me rends compte que c'est une lecture qui m'a profondément marquée. Mais je crois que personne ne peut ressortir indemne d'un tel livre. 

Le roman est écrit à la première personne et raconté par Max, au départ un fœtus, qui est déjà endoctriné par le régime. Dès la première page, le lecteur est mis dans l'ambiance : ce ne sera pas un roman facile à lire et rien ne nous sera épargné. Pourtant, j'ai continué à lire, page après page, à la fois fascinée par ce personnage auquel j'ai fini par trouver des excuses, et dégoutée par l'humain et ce qu'il est capable de faire. Et je crois que c'est ça qui fait la force de ce livre : cette perpétuelle dualité que l'on ressent tout au long de la lecture. Ça, et les émotions que l'on éprouve : colère, amusement, haine, peur, tristesse... En fait, je pense qu'on passe à peu près par tous les stades. 

Roman certes, mais surtout historique, et ça le rend d'autant plus dérangeant. Car c'est une partie de l'Histoire qu'on connaît moins, ou en tous cas qu'on n'apprend pas à l'école. Alors, pendant ma lecture, j'ai eu la sensation qu'on m'avait caché des choses. Et je suis ressortie de ma lecture, avec l'envie d'en découvrir plus sur cette période sombre de l'Histoire, de me renseigner plus sur les Lebensborn. C'est ça qui a fait que ce roman particulièrement déstabilisant et dérangeant est devenu, avec le recul, un vrai coup de cœur. Un vrai coup de coeur : pour l'histoire bien écrite, pour l'écriture de l'auteure, pour les personnages que j'ai appris à aimer malgré tout. Pour tout ça, ça vaut le coup de se plonger dans la lecture !

Max, je vous avoue que je l'ai détesté, mais que je lui ai aussi trouvé des excuses pour ses pensées et ses actions. Et puis, il y a Lukas. Mais je ne veux pas vous en raconter trop ni vous gâcher une lecture future. Alors je vais m'arrêter là, mais sachez-le, c'est un roman qui vaut le détour, et qui mérite qu'on aille jusqu'au bout, même s'il faut parfois s'accrocher pour ne pas le laisser de côté, tellement il est difficile et perturbant. 
"19 avril 1936. Bientôt minuit. Je vais naître dans une minute exactement. Je vais voir le jour le 20 avril. Date anniversaire de notre Fürher. Je serai ainsi béni des dieux germaniques et l'on verra en moi le premier-né de la race suprême. La race aryenne. Celle qui désormais régnera en maître sur le monde. Je suis l'enfant du futur. Conçu sans amour. Sans Dieu. Sans loi. Sans rien d'autre que la force et la rage. Je mordrai au lieu de téter. Je hurlerai au lieu de gazouiller. Je haïrai au lieu d'aimer. Heil Hitler !"


mardi 29 avril 2014

Le zoo pétrifié : Les Carnets de Cerise (Vol. 1)

"Il était une fois... Quand j'étais petite, je me suis fait la promesse que si un jour, j'avais un journal intime, il commencerait comme ça. Il était une fois... ben moi, Cerise ! J'ai dix ans et demi et mon rêve, c'est de devenir romancière. Mon truc à moi pour raconter des histoires, c'est d'observer les gens, imaginer leur vie, leurs secrets. On a tous un secret enfoui que l'on ne dit pas, qui fait de nous ce que nous sommes...
En ce moment, avec les copines, on observe quelqu'un de vraiment mystérieux..."

Ce que j'en ai pensé : 

J'ai été attirée par cette jolie couverture et par le titre de l'histoire. C'est Soie qui m'a offert gentiment le premier tome et... je l'ai dévoré ! Si bien que j'ai couru acheter le second tome et je l'ai lu dans la foulée. 

Dès les premières pages, j'ai été transportée dans l'univers de cette petite fille, qui s'ouvre sur les pages de son carnet, son journal intime. Si parfois l'écriture était un peu compliquée à déchiffrer, j'ai beaucoup aimé le fait que ce carnet possède un vrai côté "fait main" ! Et j'ai complètement craqué sur les petites illustrations qui ponctuent les pages, ça m'a même donné envie d'en faire un moi-même, mais c'est une autre histoire. 

On fait donc la connaissance avec Cerise, une petite fille qui rêve de devenir romancière et qui adore observer les gens et leur inventer une histoire. Je pense que si je me suis autant attachée à ce personnage, c'est parce que je me suis reconnue en elle : à chercher les mystères, inventer des histoires et passer son temps dans une cabane. Les autres personnages sont aussi très bien construits, j'aime tout particulièrement la voisine Mme Desjardins, que j'aurais aimé rencontrer. Line et Erica, les deux amies de Cerise sont aussi plutôt réussies, chacune avec son caractère et ses passions. Un autre personnage vraiment touchant est celui de Michel, qui m'a tiré une petite larme... 

Pour ce qui est du scénario, j'y ai trouvé un peu de magie dedans, le genre d'aventure réaliste et magique à la fois qu'on a tous envie de vivre un jour. Tout se déroule facilement, le lecteur se laisse emporter par l'histoire de Cerise et le suspense est plutôt bien entretenu, car jusqu'à la découverte de ce que fait ce fameux Michel, je n'en avais rien soupçonné ! Je n'en dirais pas plus pour ne pas en dévoiler trop, mais c'est un très beau moment du livre. 

Le dessin, est-il vraiment besoin d'en parler ? Aurélie Neyret a un très très beau coup de crayon, les personnages sont vivants et les couleurs sont très chaleureuses, ce qui renforce cette impression de vie. 

Bref, vous l'aurez compris, gros coup de cœur pour cette très jolie BD, tant au niveau scénaristique que graphique... Lancez-vous sans hésitation, c'est un vrai bijou ! (Par contre, si comme moi vous avez un petit cœur tout tendre, prenez un mouchoir...)
"Maman m'a toujours dit que le vocabulaire était ma meilleure arme dans la vie. Avant je ne comprenais pas pourquoi. Maintenant si. Lire, c'est découvrir, voyager, mais aussi apprendre le sens des mots et surtout apprendre à s'en servir. C'est très important pour comprendre les choses et faire attention à ce qu'on nous dit."

lundi 21 avril 2014

The Agency : Les secrets du Palais (Vol. 3)

Une nouvelle mission pour l'Agency attend Mary. Cette fois-ci, elle doit s'infiltrer dans le Palais de Buckingham... En effet, la Reine Victoria elle-même a fait appel à l'Agency afin de découvrir qui dérobe les objets d'art du Palais. Mary espère découvrir rapidement qui est le ou la coupable afin de pouvoir rechercher son père disparu, mais c'est sans compter sur James et Octavius Jones, qui vont encore une fois se retrouver sur son chemin...

Ce que j'en ai pensé :
J'avais aimé le premier sans le trouver exceptionnel, le second m'avait semblé plus mature et pour ce troisième, j'arrive également à la même conclusion :  il est plus mature. Sans être un coup de cœur, j'ai beaucoup apprécié ce troisième tome de la série.

Nous retrouvons donc le personnage de Mary, qui fait toujours partie de l'Agency et se trouve dans une mission plutôt "facile" : se faire passer pour une femme de chambre de la Reine. J'ai beaucoup aimé ce changement de mission, car justement, je trouvais que ça manquait. On nous explique que l'Agency permet de faire des femmes des espionnes, mais finalement on se retrouvait dans des enquêtes farfelues, qui ne mettaient pas vraiment en pratique ces capacités-là. 
Bien évidemment, la mission ne va pas être si simple, et heureusement car sinon ce tome trois aurait sans doute eu moins de saveur.

Les personnages sont toujours aussi agréables à découvrir. Mary a grandit, elle a gagné en maturité même si elle garde un côté un peu enfantin dans son caractère et dans son comportement. James reste éternellement pénible, même si l'on ne peut s'empêcher de craquer pour lui. Par contre, j'ai été un peu déçue par les deux fondatrices de l'Agency, je n'ai pas aimé ce qui leur arrive, même si cela laisse entendre de la nouveauté pour Mary... Je lirais donc le tome 4 avec grand intérêt, sans toutefois me précipiter dessus.
"Et, plus important, conserver à tout prix le secret de ses origines. Le dévoiler serait trop compliqué. On la stigmatiserait comme différente. Étrangère. "Impure". Ce serait une entrave et un handicap pour elle qui ne cherchait qu'à se fondre dans la masse, à être comme tout le monde."
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samedi 12 avril 2014

Princesse Sara (Vol. 5&6)

Les années se sont écoulées depuis que Sara Crewe a retrouvé sa fortune. La voici devenue une belle jeune femme à qui il ne manque qu'une chose pour être heureuse : récupérer la fabrique d'automates qui a fait la légende de sa famille. Malheureusement, le nouveau propriétaire est dur en affaires et refuse de revendre l'usine quelqu'en soit le prix. C'est sans compter sur la volonté de Sara qui décide de revenir aux Indes sous une identité cachée...

Ce que j'en ai pensé :

J'avais beaucoup aimé les quatre premiers tomes de la série, accrochant tout particulièrement à l'univers acidulé d'Audrey Alwett&Nora Moretti. J'étais donc plus que ravie de retrouver Sara dans de nouvelles aventures, même si j'avais un peu peur de ce que ça pourrait donner en adulte.

Pour ce qui est du graphisme, je suis toujours aussi séduite, même si je dois avouer que je trouvais les enfants plus expressives, mieux travaillées. J'ai parfois eu la sensation que les personnages se ressemblaient tous, même si j'y trouvais tout de même des différences notables, ne soyons pas mauvaise langue. 
Pour ce qui est des décors, tout est très réussi, j'ai eu l'impression d'effectuer une plongée dans les Indes et c'était vraiment dépaysant et fort agréable. Les couleurs chatoyantes sont vraiment très agréables et amènent une véritable chaleur à se dégager de la BD. 

Le scénario de ces deux tomes est toujours aussi intéressant que dans les quatre premiers et j'ai particulièrement aimé que Sara retrouve les automates. Qu'elle vienne aux Indes sous une fausse identité m'a beaucoup plu et j'ai beaucoup aimé suivre ses (més)aventures sous les deux identités. Tous ces mystères ne sont pas pour me déplaire ! 

J'étais contente de retrouver Sara, qui a bien grandi mais reste toujours elle-même : douce, gentille, à la limite de la naïveté. Son amie Becky m'a beaucoup faite rire, surtout dans le sixième tome, avec Ram Dass. Je ne vous en dit pas plus pour ne pas révéler la fin !

Tout dans ces deux tomes m'a plu, du dessin au scénario en passant par les personnages. Pourtant ce n'est pas un coup de cœur. Parce ce que, certes j'ai envie d'en lire la suite, mais je ne trépigne pas d'impatience et je ne pense pas que ce sont des livres que je pourrais acheter, je suis contente de n'avoir fait que les emprunter.
"En effet, ma maîtresse a dû se retirer et m'a demandé de la remplacer voici une demi-heure.
Veuillez nous excuser pour ce désagrément. Nous espérons que vous avez passé malgré tout une heureuse soirée."

lundi 7 avril 2014

La mort s'invite à Pemberley

Rien ne semble devoir troubler l'existence ordonnée et protégée de Pemberley, le domaine ancestral de la famille Darcy, dans le Derbyshire, ni perturber le bonheur conjugal de la maîtresse des lieux, Elizabeth Darcy. Elle est la mère de deux charmants bambins ; sa sœur préférée, Jane, et son mari, Bingley, habitent à moins de trente kilomètres de là ; et son père adulé, Mr Bennet, vient régulièrement en visite, attiré par l'imposante bibliothèque du château.
Mais cette félicité se trouve soudain menacée lorsque, à la veille du bal d'automne, un drame contraint les Darcy à recevoir sous leur toit la jeune sœur d'Elizabeth et son mari, que leurs frasques passées ont rendu indésirables à Pemberley. Avec eux s'invitent la mort, la suspicion et la résurgence de rancunes anciennes.

Ce que j'en ai pensé : 

J'avais repéré ce livre dès sa sortie en grand format et son résumé m'avait poussée à me lancer dans la lecture du grand classique qu'est "Orgueil et préjugés" de Jane Austen. Je pense que sans P.D. James, je n'aurais jamais mis le nez dans ce roman. Et quasiment deux ans après sa sortie en France, j'ai enfin pu lire ce policier tant attendu. 

Comme j'avais apprécié ma rencontre avec les personnages de Jane Austen, j'appréhendais un peu de ne pas leur retrouver leurs traits de caractère ni l'ambiance si particulière qui appartient à la romancière britannique. Et de ce point de vue là, je n'ai pas été déçue : P.D. James a réussi, à mes yeux, à prolonger la vie d'Elizabeth et Darcy sans aucun problème. Et j'ai su apprécier le rappel de leur vie en début du roman, même s'il aurait probablement gagné à être raccourci et moins répétitif. Seulement voilà, la sauce n'a pas pris avec moi...

Tout était présent pour que j'aime ce roman et pourtant je n'ai qu'en partie apprécié ma lecture. Tout était vraiment trop lent, le déroulé de l'histoire a pris beaucoup de temps, la mise en place du mystère prend aussi son temps pour s'installer et même la résolution du crime patine un peu... Et puis, pour être tout à fait honnête, j'ai trouvé le "mystère" bien léger. Le résumé me laissait croire à un huis-clos avec les personnages principaux, mais finalement, on est bien loin de tout ça et c'en est décevant... 

Pour autant, j'ai quand même passé un bon moment, j'ai aimé retrouver les personnages, l'écriture de P.D. James est plutôt agréable (en tous cas pour ce roman-là) et dans les derniers chapitres, tout s'emballe un peu, ce qui n'a pas été pour me déplaire. Mais globalement, j'en attendais un peu plus que ça et pour ça je ne suis pas complètement conquise par cette "suite". Le problème vient peut-être du fait que l'auteure a trop cherché à respecter l’œuvre d'Austen, au détriment de l'enquête policière qui piétine un peu...Toutefois, je la conseille tout de même à ceux et celles qui aiment l'univers de Jane Austen, parce que j'ai trouvé que c'était relativement fidèle.
"Ne serait-il donc jamais débarrassé de George Wickham ? C'était la forêt dans laquelle ils venaient jouer tous deux quand ils étaient petits. Cette époque lui avait paru remplie de bonheur et d'insouciance, mais il se demandait à présent si cette amitié d'enfance avait jamais été sincère. Le jeune Wickham nourrissait-il déjà des sentiments d'envie, de ressentiment, d'aversion ? Ces jeux brutaux de garçons, ces bagarres pour rire qui le laissaient parfois couvert de bleus : Wickham ne l'avait-il pas rudoyer délibérément ? Certaines réflexions mesquines, blessantes, surgissaient à présent à sa conscience, après être restée enfouies au fond de sa mémoire des années durant."

mardi 1 avril 2014

Les Quatre de Baker Street (Vol. 1 à 4)

Trois détectives en herbe pour une enquête digne du maître de Baker Street !
Billy, Charlie et Black Tom sont inséparables. Et pour cause : impossible de survivre seul dans l'East End londonien, peuplé de faux mendiants, de vrais ruffians et de franches canailles ! Heureusement, les trois amis peuvent compter sur la protection d'un certain Sherlock Holmes, pour lequel ils font parfois office d'espions des rues... Mais lorsque la fiancée de Black Tom est kidnappée sous leurs yeux, nos héros vont devoir mettre au plus vite à profit les leçons de leur mentor pour la retrouver saine et sauve... en s'adjoignant les services d'un quatrième larron pour le moins inattendu. Place aux Quatre de Baker Street, la plus jeune équipe de détectives de l'époque victorienne !

Ce que j'en ai pensé : 

Cela faisait longtemps que j'avais aperçu ces BD, au détour d'un salon du livre quelconque. Je me souviens qu'elles avaient attiré mon attention juste par le nom de "Baker Street" qui met chez moi une alarme en route... 
C'est donc avec joie que je me suis plongée dans leur lecture dès que je les ai trouvées en bibliothèque. Je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre, simplement que j'allais faire la connaissance de quatre détectives... J'ai été très surprise du quatrième détective, dont je ne veux rien révéler ici, car la surprise est plutôt agréable. Les personnages en tous cas sont véritablement très attachants tous autant qu'ils sont. Billy est assez amusant, on a envie de le câliner. Black Tom est un peu plus arrogant, peut-être à cause de son âge, mais il n'en reste pas moins touchant avec son petit caractère ! Quant à Charlie, difficile d'en parler ici sans dévoiler de secret concernant ce personnage, mais je pense que c'est mon petit préféré, avec le quatrième bien entend !

Les méchants dans les quatre tomes sont parfois un peu clichés, je pense notamment aux Russes, mais ils n'en restent pas moins des méchants, qu'on a envie de claquer rien qu'à leur tête. Et c'est justement la force du dessin : le ressenti des émotions, car plusieurs fois j'ai ris de bon cœur, j'ai eu les larmes aux yeux et j'ai eu envie de crier sur les méchants. 
Bien évidemment, celui que j'attendais dans Baker Street était Sherlock et son cher Dr. Watson. Rassurez-vous, ils sont présents, mais sans prendre toute la place, ce n'est pas LEUR histoire et c'est plutôt agréable. On ressent une certaine présence de leur part, toutefois sans qu'ils ne viennent perturber le cours des aventures de nos quatre jeunes. Ce que j'ai beaucoup aimé également était les références à l’œuvre de Sir Arthur Conan Doyle, dans chacun des tomes : parfois quelques mots, une simple référence, la citation d'un nom connu, bref, juste de quoi nous replacer dans le contexte "historique". Le quatrième tome est d'ailleurs particulièrement emprunt de cette présence -ou de cette non-présence- et je trouve que c'est le tome le plus émouvant de tous.

Pour ce qui est du dessin, j'ai beaucoup apprécié la finesse des traits et surtout le fait que ça fourmille de détails : les lieux, les décors et les costumes de l'époque victorienne sont vraiment très bien rendus et c'est un vrai plaisir que de plonger au cœur de ce vieux Londres avec nos quatre amis !

Si parfois j'ai trouvé quelques faiblesses scénaristiques, notamment dans la répétition de l'entrée en matière de nos détectives ou dans la facilité avec laquelle ils mènent leurs enquêtes, j'ai tout de même adoré cette BD qui se laisse lire à tout âge je pense, autant pour ses histoires que pour ses dessins qui sont vraiment très bien réalisés. Un coup de cœur pour cette belle série, dont j'attends avec impatience de pouvoir mettre mon nez dans le cinquième tome...
"- Old Bailey m'a appris tout un tas de trucs... avant qu'il ne devienne un clappendoggen...
- Un quoi ?
- C'est comme ça qu'on appelle les mendiants qui font semblant d'être infirmes... C'est ça, Tom ?
- Ouais ! Sauf que dans son cas c'est pas du chiqué. Comme il se faisait trop vieux et ne pouvait plus jouer les monte-en-l'air, Patch lui a fait mettre le pied dans un pressoir pour qu'il puisse encore servir comme mendiant.
"

mercredi 26 mars 2014

L'écorchée

Avez-vous jamais eu envie de disparaître ? On a tous ressenti un jour ou l’autre l’envie de disparaître. De fuir le plus loin possible. De tout laisser derrière soi. Mais il y en a pour qui cette sensation n’est pas que passagère. Elle les obsède, les dévore, les engloutit. Ces individus se volatilisent corps et bien. Nul ne sait pourquoi. Nul ne sait où. Et bientôt, tout le monde les oublie. Ou presque. Chaque fois que Mila Vasquez entre dans « Les Limbes », le bureau des personnes disparues aux murs tapissés de leurs portraits, leurs yeux se braquent sur elle. Elle les garde toujours à l’esprit, elle, l’enquêtrice qui porte dans sa chair les marques des ténèbres, comme autant de fleurs rouge sang. Peut-être est-ce pour cela, d’ailleurs, qu’elle excelle dans son domaine. Peut-être est-ce pour cela, aussi, que sept ans après s’être mesurée au Chuchoteur, elle refuse d’éprouver la moindre émotion. Et si, soudain, ces disparus réapparaissaient pour tuer ? Comme le ressac, les ténèbres recrachent d’abord les indices d’une existence passée. Puis les êtres. À première vue ils semblent identiques, mais dans l’intervalle, le mal les a transformés. Où étaient-ils pendant tout ce temps ? Pourquoi sont-ils revenus ? Pour arrêter cette armée des ombres, Mila devra échafauder une hypothèse convaincante, solide, rationnelle. Une hypothèse du mal. Mais pour la mettre à l’épreuve, il lui faudra à son tour basculer dans l’abîme.

Ce que j'en ai pensé : 

Ayant adoré Le Chuchoteur, puis Le tribunal des âmes, autant dire immédiatement que j'attendais celui-ci avec l'impatience d'un enfant en période de Noël. Trop cher pour moi à sa sortie, j'ai fini par le trouver en bibliothèque et je l'ai dévoré en deux jours. À moins que ce ne soit lui qui m'ait dévorée ?

Parce que oui, j'ai encore été happée par le style de Carrisi, toujours aussi prenant. Il réussit à chaque fois à capter mon attention dès les premières lignes, par sa façon d'écrire mais aussi et surtout pour ce qu'il apporte de nouveau aux thrillers : un côté très documenté, qui rend les histoires d'autant plus effrayantes à mon sens. 
J'avais déjà eu ce sentiment avec Le Tribunal des âmes, et ça reste présent ici, car je sais qu'il s'est documenté et que, même si ça reste très romancé, ce qu'il décrit dans ce roman détient une part de vérité. 

Pour ce roman, j'étais contente de retrouver Mila, même si je pense qu'une relecture du Chuchoteur n'aurait pas été superflue. En effet, ce troisième roman est truffé de références au Chuchoteur dont j'ai parfois eu du mal à me souvenir malheureusement. Mila reste égale à elle-même, on la retrouve à la fois brillante et cassée, dans un univers quelque peu effrayant : les Limbes. Les Limbes sont une section de la police qui recherche les personnes disparues. J'ai aussi apprécié les autres personnages, chacun de manière différente. Si j'ai soupçonné tout le monde, je n'ai jamais détesté un personnage de l'histoire, tant ils sont tous bien écrits, bien dépeints, avec leurs démons et leurs raisons de sombrer. J'ai adoré le duo Vasquez/Berish qui fonctionne particulièrement bien, sans aucune attraction, sans sous-entendus, une relation simple et sans équivoque qui donne de la force au roman.

Toutefois, si j'ai été happée par l'histoire dès les premières pages, je dois avouer que j'ai eu peur que le roman parte sur quelque chose d'un peu trop surnaturel pour moi. Attention, j'apprécie le surnaturel, mais je pense que dans ce genre de thriller psychologique ça aurait été un peu trop. Mais j'ai vite été rassurée quand j'ai eu des explications plus rationnelles. C'est cette rationalité qui me fait frissonner dans les thrillers et j'aurais été déçue de ne pas la retrouver ici. Mais, implacable, Carrisi nous torture l'esprit, comme dans ses deux premiers romans, nous embarquant jusqu'à la fin à soupçonner tout le monde et n'importe qui...

Bon, je dois quand même bien reconnaître que ça ne sera pas mon préféré des trois, même si je l'ai adoré. J'ai été prise par l'histoire, lisant même en marchant pour ne pas avoir à m'arrêter et pourtant, ce n'est pas un coup de cœur, il m'a manqué une petite étincelle... Mais en bref, c'est un roman à recommander et à mettre entre toutes les mains, comme les deux premiers de l'auteur d'ailleurs !
"Une leçon que j'ai apprise en tant que flic est que personne ne s'intéresse jamais vraiment aux victimes - elles n'intéressent pas les policiers, ni les médias, ni l'opinion publique. A tel point qu'on finit par se souvenir du nom des coupables, mais pas des victimes. Les Limbes témoignent que j'ai raison. Vous voulez tous capturer le monstre, connaître le nom du monstre, condamner le monstre dans vos tribunaux..."
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mercredi 19 mars 2014

Mygale

C’est un des huis - clos les plus effrayants de l’histoire du roman policier et le chef-d’œuvre de l’auteur. Comme toujours chez Thierry Jonquet, le suspense s’incarne dans une dimension physique qui donne au livre une tension extraordinaire. La violence n’est pas une notion abstraite, elle s’inscrit dans la chair même des personnages. Le milieu médical que l’auteur connaît bien pour y avoir exercé à ses débuts devient une métaphore de la société tout entière vouée à la violence. Récit inoubliable et dérangeant qui met en évidence l’existence de pulsions morbides, sous le couvert des apparences de la normalité la plus ordinaire. 
Je préfère taire le résumé, de peur d'en dévoiler trop sur le contenu du roman.

Ce que j'en ai pensé

J'aurais grandement préféré ne pas avoir vu le film d'Almodovar "La Piel que Habito" avant de lire ce roman de Thierry Jonquet. Ce roman je le connaissais depuis longtemps pourtant, c'était l'un des livres préférés de ma mère, j'aurais du y mettre le nez dedans plus tôt. Mais je ne l'ai pas fait, et j'ai vu le film d'Almodovar, sans savoir que c'était une adaptation du roman. Erreur de débutante. 

Mais même en connaissant le déroulement de l'histoire, je dois bien avouer que j'ai beaucoup aimé cette lecture, aussi étrange soit-elle ! Finalement, l'histoire n'est pas si sombre qu'elle y paraît, en tous cas, j'ai trouvé que si ça reste un récit très dérangeant, on peut "comprendre" le personnage principal, dans la mesure du possible. En fait, je me suis retrouvée dans la position étrange d'à la fois comprendre le docteur et le détester. Pour autant, je n'ai éprouvé aucune compassion, aucune empathie envers le personnage d'Eve, aussi étrange que cela puise sembler.

Il m'est en fait très difficile de parler de ce roman sans en dévoiler trop sur l'intrigue. Mais j'ai aimé cette lecture, même si à mes yeux ça ne me semble pas être un polar ou un thriller, n'y retrouvant pas une ambiance si sombre que ça finalement.
Les personnages sont bien construits, très travaillés et ont beaucoup de relief, ce qui fait qu'on aime les connaître, découvrir leurs erreurs, leurs regrets, leurs douleurs. Quant à l'histoire, si vous n'avez pas vu le film d'Almodovar avant, elle est extrêmement bien ficelée, les points de vues se succèdent, on se laisse facilement duper et emporter.

Une très bonne lecture qui ne sera pourtant pas un "J'adore" ou un "coup de cœur" parce que je n'ai pas trouvé de côté sombre tel que je m'y attendais et que je connaissais d'avance le fin mot de l'histoire, ce qui finalement m'a un peu bloquée dans ma lecture.
"Dans ta tête, tu avais donné un nom au maître. Tu n’osais l’employer en sa présence, bien entendu. Tu l’appelais « Mygale », en souvenir de tes terreurs passées. Mygale, un nom à consonance féminine, un nom d’animal répugnant qui ne cadrait pas à son sexe ni au raffinement extrême qu’il savait montrer dans le choix de tes cadeaux…"