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samedi 30 août 2014

Quatre filles et un jean pour toujours ◈ Ann Brashares


EN RÉSUMÉ : 
Carmen, Lena, Tibby et Bridget ont seize ans dans le premier tome. Elles sont toutes les quatre nées à Berthesda, dans l’Etat de Washington, entre la fin août (Lena est née un peu en avance sur la date prévue) et la mi-septembre, dans un intervalle de dix-sept jours précisément. Très différentes les unes des autres, elles sont pourtant les meilleures amies du monde et partagent toutes leurs joies et leurs peines. Un jean magique symbolise leur amitié et deviendra le témoin privilégié de leurs aventures estivales, jusqu’au dernier volet, qui laisse les quatre filles au seuil de leur vie d’adulte. C’est l’heure des grandes questions et, parfois, des déceptions. Mais une chose est sûre : avec ou sans le jean, leur amitié restera éternellement dans le bleu.

CE QUE J'EN AI PENSÉ :
Dès que j'ai terminé les quatre premiers tomes, je me suis lancée dans ce cinquième, parce que je ne voulais pas quitter les quatre filles. Et quel tome ! On retrouve l'écriture si agréable de l'auteure, un vrai plaisir de retrouver nos héroïnes. Pourtant, au début du roman, j'avais beaucoup de mal avec ces femmes, qui n'étaient plus tout à fait celles que je connaissais. J'étais déçue par les séparations, les comportements des unes et des autres. Mais au fur et à mesure de ma lecture, j'ai retrouvé chacune d'entre elles. Je pense que cette fois, je peux décider de celle qui m'a le plus touchée : c'est Bridget, sans hésitation. J'aime son caractère, sa folie douce, son entêtement et ses blessures.

Je trouve qu'Ann Brashares a merveilleusement réussi son final, toutes les questions sont réglées, chacun des personnages a une évolution qui lui est propre et rien n'est « bâclé ». J'ai trouvé qu'elle leur avait donné une belle fin.

J'ai seulement été un peu déçue des premiers chapitres. En fait, j'ai trouvé l'histoire un peu longue à se mettre en place. Mais tout vient à point à qui sait attendre et au final, ça valait le coup de tout lire patiemment.
Si je n'ai pas eu un coup de cœur pour ce roman, je dois bien avouer que la série dans son entier était un vrai régal ! Un gros coup de cœur pour les personnages imaginés par Ann Brashares, qu'on rêverait d'avoir pour amies dans la vie... Une saga à découvrir et à faire découvrir encore et encore, sans aucune modération.


"Tu as quelque chose qui m’a souvent manqué. La foi. Pas forcément en Dieu, non, mais en un jour meilleur. Tu es la lumière, l’espoir, Bee. Même si tu tombes très bas, tu l’auras toujours en toi, ce truc qui te rend différente de ta mère.

Il est tout à fait naturel de ne pas prendre la mesure des choses qui font partie de notre quotidien et de les sacrifier sans réfléchir, sans hésiter. Je te demande solennellement de ne pas commettre cette erreur."

lundi 18 août 2014

Quatre filles et un jean, l'intégrale ◈ Ann Brashares


EN RÉSUMÉ
Plongez-vous dans cette grande histoire, au coeur d'étés inoubliables. Une histoire où se mêlent subtilement les voix de quatre adolescentes, Carmen, Tibby, Bridget, Lena. De surprises en émotions, de rires en larmes, les quatre filles font l'apprentissage de la vie.

CE QUE J'EN AI PENSÉ
J'avais vu les deux films, puis, le cinquième tome est sorti l'année dernière et j'ai vu fleurir pas mal de chroniques, vantant les mérites de cette série au complet. Je me suis dit qu'il était temps que je me lance à mon tour dans cette saga !

Au départ, je m'étais dit que je lirais un tome à la fois. Mais j'ai été happée par les joie de vivre de ces quatre filles, que j'ai eu l'impression de connaître par cœur des les premières lignes. Bon, ayant vu les films avant mes lectures, j'avais déjà une image des personnages, ce qui est un peu dommage, mais finalement par particulièrement dérangeant car je trouve que le casting est plutôt réussi. 

Sur les quatre filles, aucune n'a eu ma préférence, je n'ai pas réussi à m'en attacher une plus qu'une autre. Toutes m'ont plu : Tibby et son caractère de cochon, Bridget et sa folie douce, Lena et sa douceur, Carmen et ses caprices. Elles se complètent les unes les autres et j'étais assez malheureuse lorsqu'elles étaient séparées ou qu'elles se disputaient. Toutes sont attachantes, toutes ont leurs défauts et leurs qualités et vraiment aucune ne sort particulièrement du lot par rapport aux autres, je les ai véritablement toutes aimées. 

L'écriture d'Ann Brashares est vraiment agréable, on ne s'en lasse pas. J'ai lu les quatre tomes à la suites, sans jamais ressentir l'envie de m'arrêter ou de changer de roman. Elle écrit bien, avec humour sans en faire trop, et elle fait particulièrement bien ressortir les émotions des quatre adolescentes. Leur univers, leurs personnalités, leurs rencontres, leurs émotions, tout est réussi. 

Les histoires des étés de nos quatre héroïnes sont loin d'être barbantes ou répétitives. Chaque année elles trouvent quelque chose de nouveau, de nouvelles aventures, de nouvelles rencontres. Bref, chaque tome est différent. Ce que j'ai trouvé dommage et à la fois terriblement réussi, c'est le jean : au fur et à mesure du temps, il devient moins important, pas comme si elles l'oubliaient, ça non, mais plutôt comme si de "dieu", il passait à "copain". Il se fait moins présent, reste régulièrement relégué au second plan. Et finalement, c'est aussi parce que le temps passe, que les filles grandissent et ont un autre regard sur la vie. 
C'est aussi ça, la force de l'écriture d'Ann Brashares : le passage du temps. Elle réussi à faire grandir ses quatre héroïnes, sans jamais lasser le lecteur. 

Vous l'aurez compris, pour moi ces quatre tomes ont été un vrai régal, je ne cesserai de le conseiller autour de moi ! Un coup de cœur ? Oui, je pense qu'on peut le dire !

"Le bonheur ne tenait peut-être qu’à l’équilibre des petites joies ( comme arriver au passage piétons juste quand le bonhomme passe au vert) et des petits désagréments de la vie ( comme avoir une étiquette qui gratte dans le cou). Et si ça se trouve, chacun recevait la même dose de bonheur chaque jour. Peut-être que ça ne changeait rien qu’on soit une superstar ou un pauvre ringard. Ou même qu’on ait une amie en train de mourir. La vie continuait. Et c’était tout ce qu’on pouvait espérer."

dimanche 20 juillet 2014

Ma soeur vit sur la cheminée ◈ Annabel Pitcher


Vous devez commencer à me connaître, je me laisse souvent séduire par le titre d'un livre. Et Ma soeur vit sur la cheminéeavait de quoi m'intriguer. J'avais vu une chronique sur Internet qui avait déjà piqué ma curiosité, mais c'est mon cours de littérature de jeunesse qui m'a poussée à me lancer. Et grand bien m'en ai fait !

EN RÉSUMÉ

Cinq ans après l’explosion qui a coûté la vie à Rose, Jamie et sa famille n’ont toujours pas retrouvé leur équilibre : la mère les a abandonnés, le père s’enfonce dans l’alcool et Jasmine, la jumelle de Rose, essaye de ne plus lui ressembler. Jamie, ou Spiderman comme il aime à s’appeler, s’occupe de Roger son chat roux et rêve de changer de vie. Rejeté à l’école, il fait la connaissance de Sunya qui n’a qu’un seul défaut : elle est musulmane. De déceptions en faux-espoirs et de crises de colères en fous rires, Jamie va réussir à faire retrouver un semblant d’harmonie à sa famille.

CE QUE J'EN AI PENSÉ

Jamie, dix ans est le narrateur de cette histoire et si le style de l'auteure se veut résolument enfantin, le vocabulaire n’est pour autant pas familier et la narration sonne juste. Annabel Pitcher réussi à trouver le juste milieu pour son personnage : il semble avoir dix ans, avec les incompréhensions et le regard caractéristiques de son âge.
Dans ce roman, on a l'histoire qui suit son cours, mais elle est ponctuée de nombreux retours en arrière, qui racontent la mort de Rose, ou qui évoquent la vie familiale d'avant le drame. J'ai apprécié que l'on découvre l'histoire de cette famille de manière vraiment très progressive, un peu comme si Jamie était amnésique et qu'il retrouvait la mémoire au fur et à mesure du roman, et que le lecteur en suivait le processus. On est mis au même niveau que le lecteur et c'est sans doute ce qui donne sa profondeur au texte. 

Les personnages sont assez peu nombreux mais très bien construits, comme nous avons pu le voir pour Jamie. Le personnage de Jasmine, sa grande sœur, qui cherche à s’émanciper de l’image de sa sœur jumelle, est très intéressant. On ne passe pas loin du cliché, avec les cheveux roses, les tenues noires, le rapport difficile à la nourriture, le copain aux cheveux verts… mais elle reste bien construite et l’on retient finalement surtout son image de grande sœur protectrice qui se retrouve propulsée dans un rôle qui n’est pas le sien. Le père est également un bon personnage, le sujet de l’alcoolisme est bien traité : à la fois en douceur mais sans pour autant en donner une image faussée et "embellie". Sunya est peut-être le personnage le plus surprenant, notamment pour sa manière d’aborder la vie comme une adulte, avec un subtil mélange d’enfance avec ses rêves, ses bêtises, ses jeux...
Enfin, Le cottage dans lequel vivent Jamie et sa famille ne correspond pas à l’image classique, et peut-être un peu « cliché » que l’on peut en avoir. Il n’est pas question ici de paysage idyllique ou romantique, en fait, le lieu est à l’image de la famille : triste, morne et sans vie. 

Annabel Pitcher nous offre ici un beau texte, qui tombe juste sans en faire trop. C'est un beau roman, pour une histoire particulièrement touchante. Gros coup de cœur pour moi, attention, si vous êtes un peu sensibles, prévoyez une boîte de mouchoirs... 

"J'ai levé les yeux au ciel et j'ai levé mon majeur, juste au cas où Dieu aurait été en train de me regarder. Je n'aime pas qu'on m'espionne."


samedi 10 mai 2014

L'affaire Jennifer Jones

Alice Tully. 17 ans, jolie, cheveux coupés très court. Etudiante, serveuse dans un bistrot. Et Frankie, toujours là pour elle. Une vie sans histoire. Mais une vie trop lisse, sans passé, sans famille, sans ami. Comme si elle se cachait. Comme si un secret indicible la traquait...

Ce que j'en ai pensé :

Il y avait longtemps que j'avais envie de lire ce livre, tout le monde m'en disait du bien et j'ai même entendu que c'était un classique de la littérature de jeunesse. Je l'ai trouvé à la bibliothèque, emprunté et lu rapidement. Et malheureusement, je n'ai pas accroché autant que ce que je pensais... 

Je n'ai éprouvé aucune sympathie pour les personnages, moi qui suis pourtant en général assez facilement séduite par un livre, là j'avoue que je n'y ai pas trouvé mon compte. Bon, je ne dirais pas que j'ai détesté, mais comme j'en attendais beaucoup, j'ai été déçue. 
Le fait divers (inventé) sur lequel se base l'histoire ne m'a pas convaincue et je ne me suis pas sentie "happée" par le texte, c'est probablement ce qui m'a empêchée de m'attacher aux personnages. Sauf peut-être à Rosie, qui prend Alice sous son aile et que j'ai trouvé plutôt agréable.

Difficile pour moi d'en parler, je n'ai pas un grand souvenir de ce roman, j'ai quelques moments qui me restent, mais très peu. Ce qui montre bien finalement à quel point ça n'a pas été la lecture du siècle pour moi. Mais peut-être est-ce parce que je l'ai lu en sortant de "Max" et que ça n'était pas le bon moment ? En tous cas, je ne le déconseillerai pas, car c'est un roman qui reste agréable à lire malgré tout, Anne Cassidy a une écriture agréable et fluide, simplement, je n'ai pas trouvé l'histoire et les personnages à mon goût... 
"Oublier. C'était un mot magique, qui pouvait faire croire qu'une partie du cerveau était capable de faire le vide elle-même, d'effacer une information à tout jamais."

dimanche 4 mai 2014

Max

Max naît le 20 avril 1936, dans le premier foyer de naissance du programme Lebensborn initié par Himmler, où des femmes sélectionnées par les nazis mettent au monde de purs représentants de la race aryenne, jeunesse idéale destinée à régénérer l'Allemagne puis le monde. Prototype aryen parfait, Max est éduqué dans la froideur de l'idéologie et grandit en suivant les différentes étapes su programme Lebensborn.

Ce que j'en ai pensé : 

J'ai mis quelques semaines à me remettre de cette lecture, et aujourd'hui, avec le recul, je me rends compte que c'est une lecture qui m'a profondément marquée. Mais je crois que personne ne peut ressortir indemne d'un tel livre. 

Le roman est écrit à la première personne et raconté par Max, au départ un fœtus, qui est déjà endoctriné par le régime. Dès la première page, le lecteur est mis dans l'ambiance : ce ne sera pas un roman facile à lire et rien ne nous sera épargné. Pourtant, j'ai continué à lire, page après page, à la fois fascinée par ce personnage auquel j'ai fini par trouver des excuses, et dégoutée par l'humain et ce qu'il est capable de faire. Et je crois que c'est ça qui fait la force de ce livre : cette perpétuelle dualité que l'on ressent tout au long de la lecture. Ça, et les émotions que l'on éprouve : colère, amusement, haine, peur, tristesse... En fait, je pense qu'on passe à peu près par tous les stades. 

Roman certes, mais surtout historique, et ça le rend d'autant plus dérangeant. Car c'est une partie de l'Histoire qu'on connaît moins, ou en tous cas qu'on n'apprend pas à l'école. Alors, pendant ma lecture, j'ai eu la sensation qu'on m'avait caché des choses. Et je suis ressortie de ma lecture, avec l'envie d'en découvrir plus sur cette période sombre de l'Histoire, de me renseigner plus sur les Lebensborn. C'est ça qui a fait que ce roman particulièrement déstabilisant et dérangeant est devenu, avec le recul, un vrai coup de cœur. Un vrai coup de coeur : pour l'histoire bien écrite, pour l'écriture de l'auteure, pour les personnages que j'ai appris à aimer malgré tout. Pour tout ça, ça vaut le coup de se plonger dans la lecture !

Max, je vous avoue que je l'ai détesté, mais que je lui ai aussi trouvé des excuses pour ses pensées et ses actions. Et puis, il y a Lukas. Mais je ne veux pas vous en raconter trop ni vous gâcher une lecture future. Alors je vais m'arrêter là, mais sachez-le, c'est un roman qui vaut le détour, et qui mérite qu'on aille jusqu'au bout, même s'il faut parfois s'accrocher pour ne pas le laisser de côté, tellement il est difficile et perturbant. 
"19 avril 1936. Bientôt minuit. Je vais naître dans une minute exactement. Je vais voir le jour le 20 avril. Date anniversaire de notre Fürher. Je serai ainsi béni des dieux germaniques et l'on verra en moi le premier-né de la race suprême. La race aryenne. Celle qui désormais régnera en maître sur le monde. Je suis l'enfant du futur. Conçu sans amour. Sans Dieu. Sans loi. Sans rien d'autre que la force et la rage. Je mordrai au lieu de téter. Je hurlerai au lieu de gazouiller. Je haïrai au lieu d'aimer. Heil Hitler !"


lundi 21 avril 2014

The Agency : Les secrets du Palais (Vol. 3)

Une nouvelle mission pour l'Agency attend Mary. Cette fois-ci, elle doit s'infiltrer dans le Palais de Buckingham... En effet, la Reine Victoria elle-même a fait appel à l'Agency afin de découvrir qui dérobe les objets d'art du Palais. Mary espère découvrir rapidement qui est le ou la coupable afin de pouvoir rechercher son père disparu, mais c'est sans compter sur James et Octavius Jones, qui vont encore une fois se retrouver sur son chemin...

Ce que j'en ai pensé :
J'avais aimé le premier sans le trouver exceptionnel, le second m'avait semblé plus mature et pour ce troisième, j'arrive également à la même conclusion :  il est plus mature. Sans être un coup de cœur, j'ai beaucoup apprécié ce troisième tome de la série.

Nous retrouvons donc le personnage de Mary, qui fait toujours partie de l'Agency et se trouve dans une mission plutôt "facile" : se faire passer pour une femme de chambre de la Reine. J'ai beaucoup aimé ce changement de mission, car justement, je trouvais que ça manquait. On nous explique que l'Agency permet de faire des femmes des espionnes, mais finalement on se retrouvait dans des enquêtes farfelues, qui ne mettaient pas vraiment en pratique ces capacités-là. 
Bien évidemment, la mission ne va pas être si simple, et heureusement car sinon ce tome trois aurait sans doute eu moins de saveur.

Les personnages sont toujours aussi agréables à découvrir. Mary a grandit, elle a gagné en maturité même si elle garde un côté un peu enfantin dans son caractère et dans son comportement. James reste éternellement pénible, même si l'on ne peut s'empêcher de craquer pour lui. Par contre, j'ai été un peu déçue par les deux fondatrices de l'Agency, je n'ai pas aimé ce qui leur arrive, même si cela laisse entendre de la nouveauté pour Mary... Je lirais donc le tome 4 avec grand intérêt, sans toutefois me précipiter dessus.
"Et, plus important, conserver à tout prix le secret de ses origines. Le dévoiler serait trop compliqué. On la stigmatiserait comme différente. Étrangère. "Impure". Ce serait une entrave et un handicap pour elle qui ne cherchait qu'à se fondre dans la masse, à être comme tout le monde."
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vendredi 14 mars 2014

Le Petit Prince

J'ai ainsi vécu seul, sans personne avec qui parler véritablement, jusqu'à une panne dans le désert du Sahara, il y a six ans. Quelque chose s'était cassé dans mon moteur. Et comme je n'avais avec moi ni mécanicien, ni passagers, je me préparai à essayer de réussir, tout seul, une réparation difficile. C'était pour moi une question de vie ou de mort. J'avais à peine de l'eau à boire pour huit jours. Le premier soir je me suis donc endormi sur le sable à mille milles de toute terre habitée. J'étais bien plus isolé qu'un naufragé sur un radeau au milieu de l'océan. Alors vous imaginez ma surprise, au lever du jour, quand une drôle de petite voix m'a réveillé. Elle disait : ... " S'il vous plaît... dessine-moi un mouton ! "
- Hein!
- Dessine-moi un mouton...
J'ai sauté sur mes pieds comme si j'avais été frappé par la foudre. J'ai bien frotté mes yeux. J'ai bien regardé. Et j'ai vu un petit bonhomme tout à fait extraordinaire qui me considérait gravement.

Ce que j'en ai pensé

Je connaissais l'histoire quasiment par cœur pour l'avoir écoutée toute mon enfance en cassette (oui, en cassette), racontée par Gérard Philippe (écoutable en ligne d'ailleurs). Je connaissais bien entendu les illustrations réalisées par l'auteur. En fait, je connaissais tout de cette histoire. Mais je ne l'avais jamais lue.

Alors j'ai filé en enfance et fait un grand plongeon dans ce magnifique texte. Qu'en dire de plus que tout ce qui a déjà été dit ?

Quand j'étais petite, je n'y voyais qu'une belle histoire qui me faisait rêver. Mais cette fois-ci, l'âge m'ayant rattrapée, je l'ai vue d'un autre œil, d'un œil adulte, de grande personne. Pourtant, j'ai encore rêvé, telle une petite fille. Mais j'ai aussi vu dans ce texte une critique de l'adulte et du monde adulte complètement absurde. Les habitants des autres planètes, ceux que le Petit Prince rencontre pendant son voyage vers la Terre. Le Roi, le businessman... tous ces personnages font des choses d'adultes, qui sont tournées en ridicule et qui méritent d'être tournées en ridicule. 

Je ne veux pas disserter ici sur le monde adulte et le monde enfantin, mais voilà, j'ai vu autre chose dans cette histoire que le seul souvenir de petite fille que j'en avais et j'ai encore une fois complètement craqué pour ce tout petit livre qui devrait être lu tout au long de la vie !
"On ne connait que les choses que l'on apprivoise. Les hommes n'ont plus le temps de rien connaitre, ils achètent des choses toutes prêtes chez le marchand.. mais il n'y a pas de marchand d'amis."

mercredi 26 février 2014

Ce qu'Alice trouva de l'autre côté du miroir

Alice, qui s'ennuie, s'endort dans un fauteuil et rêve qu'elle passe de l'autre côté du miroir du salon.
Le monde du miroir est à la fois la campagne anglaise, un échiquier, et le monde à l'envers, où il faut courir très vite pour rester sur place. Alice y croise des pièces d'échecs (reine, cavalier) et des personnages de la culture enfantine de l'époque victorienne.

Ce que j'en ai pensé

Après la déception qu'avait été pour moi la lecture du célèbre "Alice au Pays des Merveilles", j'ai quand même eu envie de découvrir ce qu'il se passait de l'autre côté du miroir et j'ai donc suivi la jeune Alice dans ses nouvelles pérégrinations. Et j'ai été déçue une seconde fois. 

Pourtant, j'aime l'univers d'Alice, tout ce qui en ressort en images dans mon esprit me plaît me fait rêver et pourtant, je ne me laisse pas séduire par Lewis Carroll. Peut-être est-ce du à son style, je ne saurais pas dire, mais les faits sont là : je ne marche pas. 
Soyons justes cependant, cette fois-ci, j'ai un peu plus accroché que la première fois, trouvant même quelques passages amusants. Mais globalement, je ne suis pas rentrée dans l'histoire, tout peut-être y défie trop la logique et mon esprit ne doit pas saisir les subtilités... 

Alice m'a beaucoup moins énervée que lorsque j'avais lu ses premières aventures, elle a grandit et cela se ressent : elle ne pleure pas une seule fois dans tout le roman. Mais, elle reste assez pénible parce qu'elle parle beaucoup... et souvent pour ne rien dire. Par contre, j'ai plutôt apprécié la rencontre avec les différents personnages, même si j'ai trouvé que c'était quelque peu répétitif : rencontre, discussion, départ. Aucun des personnages n'apporte vraiment grand-chose à l'histoire, si tant est qu'il y ait véritablement une histoire que l'on peut suivre.

En fait, j'ai trouvé que ce roman manquait de tout : d'un personnage vraiment accrocheur, d'un univers qui fasse rêver, d'une intrigue qui nous emporte... La seule chose qui ne manquait pas, c'est le style de Carroll, reconnaissable entre tous et teinté d'humour et de jeux de mots très bien trouvés et surtout très bien écrits. Mais pour le reste, ce livre est une déception à mes yeux et je n'ai pas du tout envie de poursuivre dans la lecture de la biographie de Carroll !
"– Comment se fait-il que vous sachiez toutes parler si bien ? demanda Alice, qui espérait lui rendre sa bonne humeur en lui adressant un compliment. J'ai déjà été dans pas mal de jardins, mais aucune des fleurs qui s'y trouvaient ne savait parler. – Mets ta main par terre, et tâte le sol, ordonna le Lis Tigré. Tu comprendras pourquoi. Alice fît ce qu'on lui disait. – La terre est très dure, dit-elle, mais je ne vois pas ce que ça peut bien faire.– Dans la plupart des jardins, déclara le Lis Tigré, on prépare des couches trop molles, de sorte que les fleurs dorment tout le temps. Alice trouva que c'était une excellente raison, et elle fut très contente de l'apprendre."

dimanche 2 février 2014

Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire Vol. 5 - Piège au collège

Dans ce cinquième tome de la série qui leur est consacrée, les orphelins Baudelaire sont envoyés en pension dans un collège afin de parfaire leur éducation. Hélas ! Les voilà placés sous la responsabilité d'un proviseur tyrannique qui multiplie vexations et mauvais traitements. Prisonniers d'un système éducatif archaïque et rigide et persécutés par leur camarades, les jeunes héros rivalisent d'ingéniosité et d'imagination pour échapper à leur triste sort. Avec l'aide des triplés Beauxdraps, ils affrontent leur misérable quotidien avec courage et détermination. Parviendront-ils cependant à échapper à l'emprise de l'inquiétant professeur d'éducation physique qui les soumet à un entraînement quotidien épuisant? Quel but poursuit donc le professeur Gengis ?

Ce que j'en ai pensé

J'ai attendu plus d'un an avant de lire la suite des mésaventures de nos trois orphelins préférés. J'avais lu les quatre premiers tomes à la suite, sans m'arrêter et je m'étais finalement lassée du style de Lemony Snicket, le trouvant infantilisant et répétitif. Et puis, j'ai eu envie de continuer la série et j'ai lu ce tome. Et pour l'instant c'est l'un de ceux que je préfère.

L'histoire reste construite de la même façon, racontée par Lemony Snicket, qui continue de nous prévenir en permanence des horreurs que nous allons lire. Cette nouvelle aventure est particulièrement absurde (les punitions inventées par le proviseur sont particulièrement réussies) mais je l'ai aussi trouvée plus riche en rencontres, notamment par la rencontre avec les triplés Beauxdraps. 
J'ai trouvé que permettre aux enfants Baudelaire de rencontrer des personnes sincères et qui croient à leurs problèmes et ne les prennent pas pour des affabulateurs apportait beaucoup à l'histoire, la rendant un peu plus "réaliste" (si l'on peut dire ça d'un tel ouvrage...). Mais ça rend aussi l'histoire d'autant plus cruelle, surtout lorsqu'on arrive au dénouement, dont je ne parlerais pas plus ici, afin de ne gâcher la lecture de personnes. 

Le style de Snicket, que j'avais fini par trouver agaçant, m'est apparu cette fois-ci beaucoup plus intéressant, peut-être parce qu'entre-temps, j'ai pris quelques cours en littérature de jeunesse, qui m'ont permis de mieux saisir les subtilités de l'auteur. Son écriture est tout à fait surprenante, pourrait parfois paraître infantilisante alors que finalement, elle se révèle tout le contraire lorsqu'on y regarde de plus près. Lemony Snicket est un très grand auteur de jeunesse que j'ai hâte de pouvoir continuer à lire. 

Pourtant, même si j'ai énormément apprécié ce tome 5, ce n'était pas pour autant un coup de cœur, car il manquait pour moi un petit quelque chose qui aurait rendu la lecture plus savoureuse, plus piquante.
"Les amis ont ce pouvoir étrange de vous donner l'impression que le monde est plus petit et moins fourbe. C'est l'effet magique de se retrouver auprès de gens qui ont vécus des expériences proches des vôtres."

samedi 21 décembre 2013

Le peintre des visages (Vol. 2)

Attention, cette chronique est la chronique d'un second tome. Si le roman se lit facilement hors contexte, il est mieux de commencer par le premier tome 1 "Le cueilleur de fraises".

Six mois se sont écoulés depuis le meurtre de Caro (voir Le cueilleur de fraises). Jette et Merle louent sa chambre au sympathique Mike et s’attachent à sa petite amie Ilka, aussi jolie que mystérieuse. La vie semble enfin reprendre un cours normal. Mais, lorsque Ilka disparaît sans laisser de trace, Jette a la sensation de revivre un cauchemar qu’elle connaît bien. La police tâtonne. Ne croyant pas à la thèse de la fugue, Mike, Jette et Merle cherchent désespérément des indices. Et finissent par découvrir que la jeune fille cachait de sombres secrets.

Ce que j'en ai pensé

J'avais toujours en tête les personnes et les intrigues du premier tome que j'avais relativement bien apprécié et j'avais un peu hâte de retrouver les personnages, c'est pourquoi j'ai décidé d'enchaîner avec cette lecture quasiment au sortir de l'autre. 

Si j'avais beaucoup aimé le final de l'histoire précédente, j'avais déjà soulevé le fait que tout le début du roman m'avait semblé lent. Et c'est encore le cas ici, comme une sorte de tic d'écriture de l'auteure. On retrouve encore une fois le même procédé : nous changeons de narrateur au fur et à mesure de notre avancement dans l'histoire. J'apprécie toujours autant ce procédé que je trouve agréable et original, pourtant, je ne pense pas lire la suite... 

Nous retrouvons la plupart des personnages du tome précédent, en fait, nous ne rajoutons que Mike, Ilka et Ruben, le trio qui va tenir le second tome. Mike et Ilka ont été des personnages que j'ai su apprécier, même si j'avoue avoir eu un peu plus de mal avec Ilka, qui avait des côtés parfois un peu énervants dans ses manières et dans ses cachoteries. 
Ruben, quant à lui, m'a totalement dégoûtée, mais je ne souhaite pas en dévoiler trop sur l'histoire, donc je vais m'arrêter là. 

J'ai trouvé cette intrigue particulièrement glauque. Très bien écrite mais très très glauque. L'auteure réussi à nous faire comprendre ce qu'il se passe sans mettre de mots dessus, en tous cas pas dans le début du scénario. C'est justement cette absence de mots qui rend l'histoire glauque mais qui en même temps attire le lecteur qui veut en savoir plus et découvrir la vérité. 

Si j'ai de nouveau apprécié les procédés d'écriture de Monika Feth, son histoire et ses personnages, je ne suis pas certaine d'avoir envie de continuer la lecture de la saga : si les procédés d'écriture fonctionnent bien, ils deviennent un peu trop "évidents" et on n'a aucune surprise dans le déroulement de l'histoire, ce qui est dommage. 

Une lecture agréable, mais qui ne sort pas particulièrement de l'ordinaire. 
"Elle se faisait l'effet d'une marionnette. Comment arracher les ficelles alors qu'elle avait les mains liées "

mardi 17 décembre 2013

Sale Gamine

Marguerite habite seule, en pleine campagne, à l'écart du village et des gens. Elle mène une vie austère, pauvre, dans une ancienne gare désaffectée. Une glaciale nuit d'hiver, une gamine en robe légère et chaussures vernies frappe à sa porte. Son père, dit-elle, a eu un accident grave, il se meurt. Marguerite sort le secourir. Mais quelque chose ne va pas : la voiture a disparu. Pourtant, il s'est bien passé quelque chose, comme le confirment les traces que relève Marguerite le lendemain... Ninon, la gamine, la petite chose, se révèle insupportable. C'est qu'elle est habituée à une vie très luxueuse, avec son père qui mène grande vie. Marguerite, qui aime qu'on lui fiche la paix, cherche donc à s'en débarrasser au plus vite, elle l'emmène même à Paris, où Ninon trouve l'appartement vide, complètement vide. Cela énerve Marguerite qui est persuadée que Ninon raconte des mensonges, qu'elle dissimule de curieuses choses. Et quand les policiers se mêlent de savoir ce qu'est il advenu du père de Ninon, ils soupçonnent Marguerite qui a bien des raisons de chercher à se faire oublier de la police. Tout comme Ninon, mais pour d'autres raisons...

Ce que j'en ai pensé

Après avoir lu un premier roman de Valérie Dayre et avoir été véritablement emportée dans son écriture, j'ai voulu poursuivre la découverte de sa bibliographie. Mon choix s'est donc porté sur ce petit livre dont la quatrième de couverture m'intriguait tout particulièrement !

Encore une fois j'ai énormément accroché aux personnages, toujours dépeints de la même manière : de façon brute, sans artifice. Marguerite est une vieille dame qui n'aime pas les gens, pourtant, on a envie de s'attacher à elle. Elle a un passé qui fait d'elle ce qu'elle est, tout est mystérieux autour d'elle, pourtant on n'a pas forcément la curiosité ni l'envie de savoir ce qui l'a rendue ainsi. 
Quant à Ninon, elle est aussi agaçante qu'attachante. Et pour elle, c'est le contraire : on a envie de savoir ce qu'il s'est passé, de comprendre le pourquoi de son comportement et de découvrir la vérité.

L'histoire m'a intriguée, sans toutefois réussir à me travailler comme l'avait fait "Les nouveaux malheurs de Sophie". Je ne me suis pas sentie vidée par ma lecture et finalement je n'ai pas trouvé que l'histoire sortait particulièrement de l'ordinaire. C'est en fait l'écriture de Valérie Dayre qui fait de ce livre qu'il est agréable à lire et qu'on a envie d'aller au bout, toutefois, je pense que si ce n'était pas elle l'auteure, le livre perdrait probablement de sa saveur...

Pas un coup de cœur, mais une vraie bonne lecture, qui change de ce que l'on trouve en jeunesse actuellement. Le roman vaut le détour.

jeudi 12 décembre 2013

Les nouveaux malheurs de Sophie


Qu’est-ce qui fait grandir ? C’est une question qu’on ne pose pas souvent. Ni aux autres ni à soi-même. Ou alors, on la pose trop tôt. Ou bien trop tard. Au début de cette histoire, un fils la pose à sa mère en sortant du collège, à cette heure qu’il n’appelle plus l’heure des mamans depuis longtemps. La mère, justement, a quelque chose à lui dire à ce sujet. Une histoire à lui raconter.

Ce que j'en ai pensé

Si je n'avais pas du le lire dans le cadre d'un cours, je serais probablement passée à côté de ce roman. Mais j'ai du en choisir un parmi toute la bibliographie de Valérie Dayre et j'ai opté pour celui-ci, à cause de son titre. Car j'ai détesté "Les malheurs de Sophie" et par défi, j'ai eu envie de voir ce que donnait ce livre-là. Sans savoir que l'auteure elle-même déteste l'ouvrage de la Comtesse de Ségur, jugeant ses livres "pervers et nuisibles" car "ils ne proposent pas un bon modèle éducatif". Une lecture qui s'annonce sous une bonne augure donc...

Il est difficile de parler de ce roman tellement il est riche de sens, mais je vais tenter de ne pas le dénaturer ni trop en révéler en écrivant cette chronique. Le livre commence à la première personne dans les quelques premières pages d'introduction, puis on met de la distance avec le personnage de Sophie et l'on passe à la troisième personne, ce qui permet de peindre Sophie avec beaucoup d'ironie. 
Sophie, cette fois-ci, je l'ai aimée, avec ses bons et ses mauvais côtés. Elle ressemble quelque part à la Sophie de la Comtesse de Ségur dans sa spontanéité et son caractère fougueux, mais elle en est aussi très différente puisqu'elle n'est pas celle qui commandite les bêtises contrairement à son homonyme.

La différence entre Mme de Ségur et Valérie Dayre se fait sentir à ces moments-là, dans les bêtises. Là où la Comtesse de Ségur punit sévèrement, Rosemonde pose son regard qui en dit long sur sa fille et ses cousins. Si les cousins ne se sentent pas le moins du monde concernés, Sophie, elle, sait qu'elle touche une corde sensible et qu'il vaudrait mieux éviter d'aller plus loin. Elle n'est pas punie de la même manière que la Sophie de De Ségur, mais sa punition reste toujours présente. 
C'est la sœur de Rosemonde qui se rapproche le plus de Mme de Réan. En effet, dans la seconde partie de l'histoire, Cora n'est plus douce et jolie comme dans la première partie, elle devient méchante et adopte un comportement digne de celui de Mme de Réan, faisant de Sophie son bouc-émissaire (tout comme ses enfants d'ailleurs).

L'histoire est agréable à lire parce qu'elle est bien écrite, toutefois, moi suis une grande sensible, je n'ai pas sur réprimer mes larmes et ma colère face à certaines situations. Et arrivée au bout du livre, je l'ai refermé, restant allongée à observer le plafond, comme si j'avais pris un grand coup de poing dans le ventre. Encore un livre qui m'a fait mal, qui m'a poussée dans mes retranchements, qui m'a faite pleurer, qui m'a mise en colère et que pourtant j'ai adoré, sans réellement savoir pourquoi. Une très très belle lecture, touchante et poignante, que je conseille vraiment à tous, enfants, adolescents, adultes...
"Elles montent toutes les trois à l'étage ; la visite de la maison magnifique continue. Pour étouffer le dérangeant souvenir des beaux habits, Sophie s'est collée au pas de sa tante et, chaque fois qu'elle le peut, lui adresse un sourire ou se mêlent excuses secrètes et admiration béate. (Elle se fait vaguement l'effet d'être un chien, ou la fayote de la classe, mais pense que c'est certainement le prix à payer pour avoir méconnu cette femme extraordinaire.)"

dimanche 8 décembre 2013

Le cueilleur de fraises


Lorsque sa meilleure amie, Caro, est retrouvée assassinée, Jette jure publiquement de la venger, attirant ainsi sur elle l'attention du meurtrier. Chaque jour, Jette essaie de se reconstruire et d'oublier. Elle fait bientôt la connaissance d'un garçon qui semble pouvoir lui redonner le goût de vivre et tombe éperdument amoureuse. Mais Jette est loin de soupçonner à qui elle a réellement affaire...

Ce que j'en ai pensé

Il y avait longtemps que j'avais ce livre dans ma pile à lire et pour tout avouer que je l'avais quelque peu oublié. Je me souviens l'avoir acheté sur un coup de tête, d'abord pour sa couverture (comme ça m'arrive souvent) et ensuite pour son résumé. Et puis, allez savoir pourquoi, je l'ai laissé traîné, de peur d'être déçue. 

Et très franchement, ça a failli être le cas. J'ai mis un moment avant de rentrer dans l'histoire et je trouvais l'intrigue un peu légère, jusqu'à ce qu'enfin on rentre dans le vif du sujet, à plus de la moitié du roman... Si vous aimez les livres qui rentrent rapidement dans l'intrigue et qui vous accrochent dès les premières pages, voire les premières lignes, passez votre chemin. Ici, on commence tout doucement et Monika Feth plante le décor d'une telle façon qu'on s'y croirait. 

C'est d'ailleurs l'un des points forts de ce roman : la qualité de l'écriture (et de la traduction ?). Pendant tout le déroulé de l'histoire, j'ai ressenti les choses, j'ai vu le Moulin de la mère de Jette, j'ai couru avec elle dans les bois, j'ai découvert l'Allemagne, bref l'écriture de l'auteure est vraiment très bonne et nous emmène loin. 
Les points de vues alternés, sans que l'on sache au début qui parle ou du moins quel personnage est concerné est particulièrement surprenant dans les premières pages, mais on s'habitue et c'est au final ce qui insuffle le rythme au roman et qui le rend si prenant. 

Bémol, cette lenteur à entrer dans l'intrigue en elle-même et la rapidité avec laquelle se termine l'histoire. J'ai finalement eu la sensation que tout montait très lentement pour retomber aussi vite qu'un soufflé. Même si l'écriture de Monika Feth m'a laissée haletante et m'obligeait à tourner les pages toujours plus vite pour savoir ce qui allait se passer, j'ai été déçue que tout ne se passe qu'à la fin.

Il y a une "suite", en tous cas un autre roman avec les même personnages, dont je vous parlerai bientôt. En tous cas, ce premier tome m'a pas mal plu, malgré quelques défauts.
"Au cours de la réunion matinale, le patron avait évoqué à plusieurs reprises "notre meurtrier". Bert avait beau savoir qu'il s'agissait d'une formule creuse, employée sans réfléchir par quantité de fonctionnaires de police, il s'était retenu de se ruer sur lui.
"Notre meurtrier." Une expression aux accents redoutablement familiers. En revanche, personne n'aurait jamais osé évoquer "nos mortes". De quel côté étaient-ils?"

mercredi 4 décembre 2013

La vie cachée de Katarina Bishop

Une famille : Les Bishop, experts dans l’art du vol des oeuvres de maîtres depuis quatre générations.
Une professionnelle : Katarina Bishop, quinze ans. Des amis qui n’ont peur de rien.  Un amoureux secret prêt à tout pour lui venir en aide.
Une mission : Récupérer des tableaux inestimables extorqués à leurs propriétaires durant l’Holocauste... puis dérobés chez un collectionneur d’art mafieux. Les toiles sont aujourd’hui cachées dans l’un des musées les plus sécurisés au monde.
Un compte à rebours : 15 jours pour constituer la meilleure équipe de voleurs au monde et relever le défi.
Un enjeu : Sauver l’un des leurs.

Ce que j'en ai pensé

J'avais acheté ce livre sur un site de ventes privées, pour la modique somme de 3€. Et heureusement. Car je dois bien avouer que je n'ai pas été particulièrement séduite par l'histoire que nous sert Ally Carter. 

J'ai trouvé les personnages complètement caricaturaux et bourrés de défauts. Du coup, je n'ai pas réussi à m'identifier ni même à m'attacher, pas même à Katarina, qui est pourtant le personnage central. Le "grand méchant" de l'histoire est très basique et finalement je pense que ça n'aide pas non plus à ancrer l'histoire et donner envie d'en découvrir plus ! 

Certes, je garde à l'esprit que j'avais là entre les mains un roman estampillé "ado", mais est-ce une raison, bonne ou mauvaise, pour prendre ce public pour des personnes bêtes ? L'histoire est vraiment tirée par les cheveux, elle ne donne absolument pas à rêver et ne propose rien de véritablement intéressant. 

Toutefois, la lecture n'est pas non plus totalement insupportable puisque je suis allée au bout du livre. Mais, je n'ai pas envie de découvrir la suite des aventures de Katarina Bishop, que je trouve très pénible. A mes yeux ce n'était pas une bonne lecture et je ne recommande pas du tout ce livre. 
"Kat se réveilla et essaya de réfléchir posément à la situation. Après tout, elle était en Italie. Avec un garçon beau et intelligent dans un jet privé."

mardi 8 octobre 2013

Challenge Halloween : Samedi album de jeunesse

Ce samedi, c'est un album jeunesse que j'avais choisi de vous présenter. Je l'avais reçu dans un swap Halloween et que j'avais adoré : "Les sorcières bêtes et méchantes"  de Patrick Larme.

Cet album compte une soixantaine de pages, à mi-chemin entre l'album de jeunesse et l'album pour les plus grands... parce qu'en effet, il est amusant pour les plus jeunes, mais il contient aussi des références qui ne sont pas forcément accessibles aux petits.

Cet album est réalisé en doubles pages, comme une sorte d'imagier ou de dictionnaire, avec des proverbes, véritables ou d'origine tout à fait saugrenue... On peut aussi y trouver un petit côté de la bande dessinée qui n'est pas désagréable.
Il n'y a aucun texte, autre que les proverbes et expressions. On comprend les images sans le texte, mais il y a certaines subtilités qui ne se comprennent qu'avec le texte voire avec une seconde lecture, un nouveau regard...


Le dessin est fin avec des détails qui en feront sourire plus d'un. Je pense que les illustrations ont été réalisées à l'aquarelle mais n'étant pas spécialiste, je ne pourrais en juger de manière ferme et définitive!  Tout ce dont je suis certaine, c'est que c'est un dessin qui accroche le regard et qui fonctionne vraiment très bien.

En bref, une lecture de saison, qui s' adresse autant aux enfants qu'aux adultes... À lire sans aucune modération !

mardi 3 septembre 2013

Sentiment 26

2065. Après une guerre qui a plongé le monde dans le chaos, le Guide Suprême a pris le commandement de la dernière Cité. Ce refuge, ceinturé d’une muraille fortifiée, est organisé en différentes castes : de A à D, des citoyens Admirables aux citoyens Déviants. Pour préserver l’harmonie, tous ont subi une lobotomie. C’est la garantie qu’ils n’agiront jamais contre le Système et respecteront les Sentiments, le livre qui régit leur moralité. Et surtout qu’ils ne s’aventureront pas hors de l’enceinte, chez les Damnés – ces odieuses créatures qui hantent la nuit de leurs cris inhumains… Evie, 16 ans, une B, travaille pour le gouvernement et étiquette d’une lettre, jour après jour, l’ensemble des habitants. Promise à Lucas, être froid et distant, parfait A et futur haut dirigeant, elle est en fait amoureuse de son frère Raffy, infréquentable D. Et quand le Système lui ordonne de bannir Raffy sur les terres des Damnés, elle refuse de s’exécuter. Elle trouve un soutien inattendu en la personne de Lucas. Auront-ils la force de s’opposer, ensemble, à la Cité ?

Ce que j'en ai pensé

Je l'avais croisé en bibliothèque lors de mon stage il y a un an de ça, il m'avait intéressée mais il était déjà sorti avant que je n'ai eu le temps de dire "ouf". Et puis, je l'ai vu sur Vente-Privées à un prix plus qu'abordable et j'ai cédé ! Mais au final, heureusement que je ne l'ai pas acheté au prix fort. 

L'histoire semble vraiment intéressante et alléchante et en général je me laisse assez facilement séduire par ce genre de récit mais malheureusement, celui-ci ne m'a pas tapé dans l’œil ! Dès les premières pages, j'ai eu du mal à prendre plaisir à la lecture. Le style de Gemma Malley m'a beaucoup dérangée, j'ai eu la sensation qu'elle prenait ses lecteurs pour des enfants de quatre ans à qui il faudrait tout répéter indéfiniment. 

J'ai tenté de me rattacher aux personnages mais encore une fois, j'ai été là aussi déçue. Evie m'a rapidement insupportée, quant à Raffy et Lucas ce n'était pas beaucoup mieux. Tout est trop évident, trop facile et trop prévisible. Evy est promise à Lucas, l'homme parfait, mais elle aime Raffy, le frère "bad-boy". Un peu trop de déjà vu pour moi ! 

Bref, vous l'aurez compris, je n'ai pas accroché et... je ne suis même pas allée au bout de ma lecture.
"Je purifie mon esprit des mauvaises pensées. Je purifie mon esprit du mal. Je me tourne vers le bien, je fortifie mon âme, je combats les démons qui m'encerclent jour et nuit, je suis forte, je suis bonne, je suis saine et sauve. Je suis protégée, je suis protectrice."

jeudi 22 août 2013

Metro Baker Street

1889, Londres. Alors qu’Enola est lancée dans une nouvelle enquête sur la disparition de Lady Blanche fleur del Campo, elle découvre que son frère Sherlock la recherche désespérément. Il vient en effet de recevoir un énigmatique paquet en provenance de leur mère,adressé tout spécifiquement à Enola, et qu’elle seule saurait décrypter. Sherlock, accompagné de son frère Mycroft, se voit donc contraint de suivre les traces d’Enola dans ses pérégrinations au cœur des sombres tunnels de Londres. Ensemble,les trois Holmes devront répondre à une triple question : Qu’est-il arrivé à leur mère ? Où est donc Lady Blanche fleur ? Et que décidera l’aîné Mycroft de l’avenir d’Enola lorsque ses frères l’auront rattrapée ?

Ce que j'en ai pensé

Sixième tome de la série "Enola Holmes", je l'attendais en poche avec une très grand impatience ! Et dès que je l'ai eu en main, je l'ai dévoré... 

A mes yeux, c'est un peu le tome de la maturité. Autant pour le personnage que pour l'auteure. Jusqu'à maintenant, je trouvais au style de Nancy Springer un patte un peu trop enfantine et parfois infantilisante. Mais cette fois-ci, je n'ai pas retrouvé les répétitions et les explications de certains points, qui m'avaient agacée dans les premiers tomes. 

L'histoire en elle-même reste un peu facile et on ne peut pas vraiment dire que le scénario soit grandiose, mais je me suis laissée emporter par l'enquête et surtout, surtout, par le rapprochement avec Sherlock et Mycroft. Si j'aime beaucoup Enola, j'apprécie aussi énormément ses deux grands frères et j'ai adoré la relation que Nancy Springer a nouée entre eux, c'est plutôt bien trouvé et bien écrit. 

Enola a beaucoup évolué aussi depuis le premier temps. Dans les premiers tomes, je l'avais trouvée parfois un peu ennuyeuse, avec sa façon de toujours répéter l'origine de son prénom et se lamenter au sujet de ses frères, de sa mère et de son passé. Je l'ai retrouvée ici grandie et beaucoup plus mature et même, émouvante. Parce que oui, j'ai lâché une petite larme... mais je ne veux spoiler personne alors je m'arrêterais là. 

Je ne sais pas si ce livre est le dernier de la série. Et j'aimerais bien que ce ne soit pas le cas. Je ne dirais pas que ce tome est un coup de cœur, mais ce fut un vrai plaisir de le lire et je pense que c'est le meilleur de la série !
"- Enola, me dit alors Sherlock - et l'émotion qu'il laissait transparaître était sans doute la plus vive que je lui verrais jamais -, notre sœur bien-aimée, je vous en conjure, soyez ce que vous jugez bon d'être. Je crois qu'égoïstement j'ai pris goût à vous, à qui vous êtes, à votre intuition, à votre flair, cet art de pressentir sans jamais être sûr de rien. En toute franchise, il me tarde de voir ce que vous pouvez bien nous réserver pour la suite."

vendredi 19 avril 2013

Specials

La jeune Tally, seize ans, est enfin devenue une Specials. Mais dans ce nouveau monde glacial et sans humanité, l'absence de Zane se fait cruelle. Doit-elle donc écouter sa petite voix qui lui fait regretter ou remplir sa mission ?

Ce que j'en ai pensé

Déception. C'est le mot qui me vient à l'esprit quand je pense à cette  lecture. J'avais beaucoup aimé le premier tome de cette saga, j'avais d'ailleurs hâte de lire la suite. La lecture du second tome avait été un poil décevante... Et là, pour être honnête j'ai touché le fond ! 

Le personnage de Tally m'agace fortement, elle a vraiment un caractère insupportable et j'ai été très déçue. Au début elle me plaisait bien, mais je n'ai plus de surprise dans ses agissements, dans ses comportements... Et du coup, je la trouve tellement insipide qu'elle m'énerve. 
Quant aux autres personnages ils ne réussissent pas non plus à me convaincre. J'aimais assez Zane et David, mais pour le coup, je trouve qu'ils sont pas mal inutiles. J'ai juste bien accroché avec le personnage du Docteur mais finalement je ne la trouve pas assez méchante. 

Au niveau du scénario, là aussi j'ai été assez déçue. C'est facile et très prévisible, ce qui rend la lecture d'autant plus ennuyeuse, il n'y a finalement pas de surprise et rien qui permette de s'accrocher et d'avoir envie d'aller plus loin. Je déteste abandonner des lectures, c'est la principale raison pour laquelle je n'ai pas lâché celle-ci mais je dois bien avouer que j'ai plusieurs fois été à deux doigts d'arrêter ! Je lirais la suite, mais pas dans l'immédiat. 

Quant au style de Scott Westerfeld, j'ai toujours le même problème. A moins que ce ne soit du à la traduction. Mais dans tous les cas, je trouve qu'il y a beaucoup de phrases, voire même de paragraphe qui sont mal tournés et qui mériteraient une relecture un peu plus approfondie. Sans compter que c'est très répétitif, même pour un livre destiné à un jeune public ! 

Bref vous l'aurez compris, cette lecture ne m'a pas vraiment enchantée...
 "La guerre biochimique avait constitué une autre trouvaille brillante des Rouillés : employer des bactéries et des virus génétiquement modifiés pour s'entretuer. C'était l'une des armes les plus stupides qu'on puisse imaginer, car une fois que les petites bêtes en avaient terminé avec vos ennemis, elles se retournaient généralement contre vous. D'ailleurs, la civilisation rouillée n'avait-elle pas été détruite par une bactérie artificielle dévoreuse de pétrole ?"

mardi 12 mars 2013

Autobiographie d'une courgette

Icare dit "Courgette", petit garçon de 9 ans, est né du mauvais côté de la vie. Depuis tout petit, il veut tuer le ciel, à cause de sa mère qui dit souvent : "Le ciel, ma Courgette, c'est grand pour nous rappeler que dans la vie on n'est pas grand chose".
Depuis son accident, la mère d'Icare ne travaille plus, boit de la bière en regardant la télévision et ne s'occupe pas de son fils. Un jour Courgette, à défaut de tuer le ciel, va tuer accidentellement sa mère. Le juge le déclare "incapable mineur".
Placé en maison d'accueil, Courgette découvre enfin l'Amitié, les fous rires, les larmes, les émotions et l'Amour...

Ce que j'en ai pensé

J'avais déjà été intriguée par le titre de ce roman, mais sans jamais me laisser tenter, jusqu'à ce qu'une copine de classe en fasse la présentation lors d'un travail. Je le lui ai emprunté et je me suis laissée emporter par l'histoire de Courgette. 

J'ai trouvé le personnage de Courgette très attachant, et je dois dire que je préfère son surnom que son véritable prénom, c'est beaucoup plus amusant ! Par contre, il a fallu que je garde vraiment à l'esprit que ce n'était qu'un enfant et pas un adulte qui racontait sa vie parce que parfois l'auteur écrivait trop en langage "enfant", ce qui s'avérait souvent répétitif et lassant. 

L'histoire en elle-même est intéressante, j'ai beaucoup aimé le sujet abordé, parce que je n'avais jamais rien lu qui en traite, même si c'est de façon purement fictionnelle. Pourtant, j'y trouve quelques faiblesses, notamment dans le fait que le policier adopte deux jeunes enfants aussi facilement que s'il achetait son pain, alors que c'est une procédure longue et lente. Mais malgré tout on a envie de les voir se faire adopter et retrouver un semblant de famille. 
La relation entre Courgette et Camille m'a un peu perturbée : ils sont clairement amoureux, mais finissent par être adoptés dans la même famille...

Mais c'est un bon roman, vraiment très agréable à lire malgré quelques répétitions et quelques formules stylistiques qui m'ont un peu dérangée. Une jolie petite histoire à mettre entre les mains des plus petits et des plus grands !
" Les adultes, des fois, ça dit des trucs stupides à cause de la peur qui leur dévore le cœur.
Ils feraient mieux d’écouter le silence.
On finirait par croire que les enfants sont super débiles et qu’ils n’ont qu’une envie : se percer la gorge avec une sucette, ou se casser le cou à bicyclette, ou les jambes et les bras en descendant des escaliers, ou avaler de l’eau de Javel parce que ça change du Coca."